Psy et psy : qui est qui ?

(Et qui fait quoi ?)


Décembre 2020, mis à jour janvier 2022

Psychologue, psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute : nous avons parfois tendance à les confondre. Les dénominations se ressemblent et ils s'occupent tous de santé mentale. Pourtant, les métiers et les formations nécessaires pour les exercer sont très différents. Qui sont ces professionnels et comment les différencier ? Tentons d'y voir plus clair...
   
Psychiatre : il est obligatoirement médecin. La psychiatrie est une spécialité médicale (comme la cardiologie, la dermatologie ou l'ophtalmologie) qui vise à traiter les maladies mentales et à soigner les troubles de la vie psychique. En tant que médecin, le psychiatre est le seul professionnel de la santé mentale à pouvoir prescrire un traitement médicamenteux nécessitant une ordonnance et à rédiger des certificats médicaux. De longues études universitaires sont obligatoires pour exercer la profession (6 années de bachelier et master en médecine plus 5 années de spécialisation).

Psychologue : en fonction de sa spécialité, il intervient dans des contextes différents. Ainsi, le psychologue du travail s'intéresse plus particulièrement aux comportements humains dans le contexte du travail et des organisations professionnelles. Certains psychologues se consacrent à la recherche et/ou à l'enseignement. D'autres opèrent dans le champ scolaire et s'occupent de soutien, de guidance et d'orientation d'enfants et d'adolescents. Généralement, le psychologue que les gens vont consulter pour diverses raisons est un psychologue clinicien. La psychologie clinique porte toute son attention sur la santé mentale et vise à traiter les souffrances psychiques des individus. Le psychologue clinicien observe et détecte les troubles ou pathologies, détermine la prise en charge la plus adéquate et veille donc à permettre à ses patients de retrouver le bien-être psychologique. Le titre de psychologue est protégé. Pour le revendiquer, il faut nécessairement disposer d'un master en sciences psychologiques (études universitaires de 5 ans) et être inscrit à la Commission des Psychologues.

Psychothérapeute : praticien proposant des soins ou un accompagnement aux personnes souffrant de problèmes psychologiques divers. Il est généralement formé à une méthode d'intervention et à une approche thérapeutique particulière. Par exemple : l'approche psychanalytique qui accorde beaucoup d'importance à l'inconscient et aux années de la petite enfance, les thérapies systémiques (qui envisagent l'individu dans les systèmes dans lesquels il évolue : son couple, sa famille, son entreprise, ...) ou encore les thérapies comportementales et cognitives (qui sont indiquées notamment pour la prise en charge des phobies, des addictions, etc.). Le titre de psychothérapeute n'est protégé par la loi que depuis peu. Avant 2016, une personne n'ayant suivi aucune formation particulière pouvait se présenter comme psychothérapeute. Depuis lors, le professionnel qui veut entreprendre une formation pour exercer la psychothérapie doit obligatoirement disposer d'un agrément comme médecin, psychologue clinicien ou orthopédagogue clinicien. Néanmoins, quiconque exerçait la psychothérapie (même sans diplôme ni formation) avant le 1er septembre 2016 peut continuer à l'exercer aujourd'hui sans conditions supplémentaires.

Psychanalyste : psychothérapeute qui aide son client à explorer ses processus psychiques inconscients pour soigner un mal-être et guérir des souffrances. Il existe plusieurs courants psychanalytiques. Le plus connu repose sur les théories de Freud. La thérapie psychanalytique s'inscrit généralement dans le temps long et peut durer plusieurs années. Le titre de psychanalyste n'est pas reconnu. Le psychanalyste est considéré comme un psychothérapeute (donc mêmes conditions d'accès que pour ce dernier).

Le psy (qu'il soit -chiatre, -chologue ou -chotérapeute) peut combiner plusieurs approches, faire appel à des techniques existantes (la relaxation, l'hypnose ou la pleine conscience, par exemple) et développer ses propres outils pour servir au mieux ses patients. Les métiers, les formations et les pratiques ont tendance à se décloisonner. On peut être médecin généraliste et psychanalyste, on peut être psychologue de formation de base et exercer en tant que psychothérapeute de couple et sexologue, on peut être psychologue clinicien et coach (c'est mon cas !). Les combinaisons sont multiples et cela participe certainement à la richesse du métier. Ou plutôt des métiers.

J'espère avoir réussi à vous apporter un éclairage sur ces intervenants et leurs intitulés de fonction. En bonus et présentées dans l'ordre alphabétique, quelques autres professions paramédicales ou métiers touchant au bien-être ou à la santé mentale...

Coach de vie : ce praticien est spécialisé dans l'aide à l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation de projets de vie (quels que soient les domaines concernés). Son rôle consiste plus précisément à accompagner ses clients dans la recherche de solutions face à une problématique ou dans l'atteinte d'un objectif. Il vise ainsi essentiellement la mise en action vers le changement. Le coach de vie cible son intervention sur la prise de conscience du potentiel des individus qui viennent le consulter et les invite à se connecter à leurs ressources en vue de trouver leurs propres réponses. L'accès à la profession de « coach de vie » ou « life coach » n'est à ce jour pas réglementée, ce qui implique qu'il ne faut aucune formation particulière pour se présenter sous ce titre. Toutefois, de nombreuses écoles privées (et plus récemment certaines universités) proposent des formations afin de professionnaliser ce métier. De plus, il existe des associations comme l'ICF (International Coach Federation) et l'EMCC (European Mentoring & Coaching Council) qui ont pour but de promouvoir et garantir le sérieux de la profession en établissant des standards et un code de déontologie à respecter.

Ergothérapeute : il intervient dans les habitudes de vie ou dans l'environnement, privé ou professionnel, de personnes présentant un dysfonctionnement physique ou psychique, voire social. Il travaille avec des personnes accidentées, en situation de handicap ou vieillissantes. Ses actions visent à leur permettre de garder leur autonomie, de rester actives et de conserver une vie sociale. L'ergothérapeute propose souvent des solutions d'aménagement des postes de travail ou d'adaptation de l'environnement privé en vue de favoriser le maintien de l'autonomie et des contacts sociaux. Le titre d'ergothérapeute est protégé et un numéro d'agrément est nécessaire pour exercer. La formation est de type court (bachelier professionnalisant de 3 ans).

Logopède : c'est un professionnel paramédical formé en 3 ans (bachelier professionnalisant) ou en 5 ans (master) qui s'occupe du traitement des troubles de la communication, aussi bien orale qu'écrite. Il peut s'agir de troubles de la parole, de la voix ou de l'audition, comme de troubles touchant l'écriture ou le calcul. Le logopède travaille le plus souvent avec des enfants et des adolescents, notamment dans le cadre de difficultés d'apprentissage, mais il peut s'occuper d'adultes présentant certains troubles consécutifs à une maladie, à un accident ou au vieillissement. Le titre de logopède est protégé depuis 1994 et l'exercice de la profession nécessite un agrément.

Neuropsychologue : psychologue spécialisé qui intervient notamment auprès de patients souffrant de maladies et/ou de lésions du système nerveux central (maladies dégénératives, séquelles d'un AVC, ...) ou présentant des troubles cognitifs (dont les difficultés d'apprentissage ou les troubles de l'attention, par exemple). Après la pose d'un diagnostic basé sur le dossier médical, des entretiens et la passation de tests, le neuropsychologue élabore un programme de rééducation composé d'exercices d'entrainement des fonctions déficitaires et d'aménagements de l'environnement.

Orthopédagogue clinicien : il s'occupe de problématiques d'éducation. Son champ d'action est composé de la prévention, du dépistage, de la prise en charge et de l'accompagnement de personnes présentant des problèmes éducatifs, comportementaux, développementaux ou d'apprentissage. Le titre est protégé et pour exercer, il faut disposer du diplôme universitaire d'orthopédagogie clinique (5 années d'étude) et effectuer des démarches d'agrément.

Pédopsychiatre : psychiatre qui s'est spécialisé dans la prise en charge des enfants.

Psychopédagogue : spécialiste de l'éducation, il conçoit des programmes de formation, conseille ou encadre des enseignants ou formateurs, coordonne des politiques de formation ou initie de nouveaux projets éducatifs. Il encourage les innovations pédagogiques et la créativité dans la mise en place de nouvelles méthodes d'apprentissage. Il peut être enseignant et chargé de la formation des futurs instituteurs ou professeurs. Son titre n'est pas officiellement reconnu, mais il dispose d'un diplôme universitaire (généralement de type master en sciences de l'éducation).

Sexologue : professionnel de la santé prenant en charge des personnes souffrant de dysfonctions sexuelles ou des couples rencontrant des problèmes dans leur sexualité. Le titre n'est pas reconnu, même si plusieurs universités proposent des formations (dont des masters) préparant au métier.

Sophrologue : il prend en compte la personne dans sa totalité (corps et esprit). En proposant des techniques favorisant notamment une respiration consciente, la relaxation et un meilleur ressenti du corps, la sophrologie est intéressante pour l'apprentissage de la gestion du stress ou de la douleur. Elle peut être un adjuvant dans le traitement des dépendances (alcool, tabac, ...). Des étudiants peuvent y avoir recours pour améliorer leur concentration et les capacités de mémorisation. Plus généralement, des personnes désireuses d'une meilleure gestion de leurs émotions et donc de leurs comportements peuvent trouver dans les techniques proposées une source de mieux-être. Le titre de sophrologue n'est pas protégé. La formation s'effectue au sein d'écoles privées proposant des modules de formation de durée variable (aucun diplôme prérequis). Il est à noter que la sophrologie est souvent exercée de façon complémentaire par un professionnel de la santé (infirmier, kinésithérapeute, psychologue, sage-femme, ...).

Comme nous pouvons le constater, certaines professions exigent de nombreuses années d'étude pour être exercées. D'autres ne sont pas protégées par la loi et peuvent être théoriquement pratiquées sans formation particulière. Une collection de diplômes ne sera jamais la seule garantie d'efficacité d'un professionnel de la santé mentale. La personnalité, les compétences en matière d'écoute et d'empathie, la qualité de la relation thérapeute-patient et le fait que "le courant passe" sont également et évidemment très importants. En outre, certains praticiens exerçant une profession non règlementée se sont formés longuement auprès d'écoles privées reconnues pour leur sérieux et leur professionnalisme. N'hésitez pas cependant à poser des questions, avant une première consultation ou durant celle-ci, sur les formations suivies par le thérapeute et sur son approche.


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