5 voies vers une vie de meilleure qualité (ou les vertus de l’épigénétique)

Juin 2021

 Nous héritons tous d’un patrimoine génétique provenant de nos parents, de nos grands-parents et des générations précédentes. La génétique étudie cette transmission, c’est la science de l’hérédité. 


Nous avons ainsi chacun un code génétique unique. Mais il serait réducteur de croire que ce code va déterminer toute notre vie. Longtemps, il a en effet été admis que nous ne pouvions pas changer nos caractéristiques physiques, nos traits de caractère ou nos dispositions mentales. Cette façon de voir les choses a aujourd'hui évolué.
 
Avez-vous déjà entendu parler de l’épigénétique ? Il s’agit d’une discipline de la biologie notamment popularisée par le scientifique français Joël de Rosnay. Dans un livre paru en 2018, La symphonie du vivant, l’auteur nous offre une belle image pour comprendre ce qu’est l’épigénétique. Joël de Rosnay présente notre corps, notre organisme, comme un grand orchestre. La partition est là, l’ensemble des notes de musique sont écrites dans un certain ordre. C’est notre code génétique (la génétique). La façon dont nous allons jouer la partition, le morceau de musique, c’est l’épigénétique. 

Chacun peut désormais être le chef d’orchestre de son propre corps. Nous pouvons jouer « faux » bien sûr, des instruments peuvent être désaccordés ou mal synchronisés. Mais nous pouvons également devenir notre meilleur chef d’orchestre pour jouer « juste » et laisser entendre une symphonie. 

L’épigénétique nous invite à prendre conscience que nos comportements, notre environnement et la qualité de nos interactions avec les autres exercent une influence sur notre corps et peuvent modifier l’expression de nos gènes de manière durable. Notre patrimoine génétique est peut-être unique, mais il n’est pas définitif. 

Pour vous donner un exemple, selon cette théorie, une alimentation saine et équilibrée pourrait inhiber, « endormir » un gène porteur d’une maladie grave et contribuer au fait que cette dernière ne se déclare pas. Certains comportements et environnements pourraient ainsi agir comme un bouclier protecteur et réduire les risques face à certaines sensibilités génétiques. Cette théorie permet également d'expliquer pourquoi des jumeaux avec un même bagage génétique peuvent évoluer de manière totalement différente s'ils vivent dans des environnements avec des caractéristiques qui ne sont pas les mêmes. L’adoption de comportements bénéfiques dans notre vie contribue à la fabrication de certaines molécules, sortes d’interrupteurs chimiques, qui peuvent ouvrir ou fermer certains gènes. 

Donc, selon Joël de Rosnay, notre code génétique est certes écrit (notre « partition »), mais le tracé de notre vie n’est pas figé. Nous pouvons donner une direction et participer activement à faire entendre notre propre symphonie. Le scientifique nous propose les cinq clés de l’épigénétique, celles qui ouvrent selon lui les portes d’accès à une vie de meilleure qualité : 

1) Opter pour une alimentation équilibrée

 Joël de Rosnay attire notre attention sur le fait que nous consommons beaucoup trop de calories et nous fait part de ce constat : réduire les calories augmente l’espérance de vie. Il pousse évidemment à la consommation de fruits et légumes, recommande fortement l’huile d’olive (bénéfique pour nos artères), vante le régime crétois, considère le sucre comme un poison mais ne dédaigne pas le chocolat noir s’il est bien composé d’au moins 70% de cacao. Il rappelle également les effets néfastes d’une surconsommation de sel et de boissons alcoolisées. Vous souhaitez plus d’infos pour une meilleure alimentation ? Vous pouvez consulter les 12 recommandations (dont 5 règles d’or) élaborées par Conseil Supérieur de la Santé en cliquant ici

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2) Avoir une activité physique

Faire du sport ou avoir une activité physique régulière est une excellente piste pour activer ou au contraire neutraliser certains gènes. La pratique d’un sport est bonne pour la santé. Cela, tout le monde le sait. Mais il y a plus : les effets sont quasi immédiats. Joël de Rosnay fait référence à une étude de scientifiques suédois qui a démontré que la pratique d’un exercice physique modifiait positivement et rapidement la structure de l’ADN des cellules musculaires. Sans oublier que le sport est un antidépresseur naturel. Dans un précédent article, je rappelais que l’exercice régulier d’une activité sportive (au moins 30 minutes et si possible plusieurs séances par semaine) influe sur la neurochimie du cerveau (notamment par la libération des précieuses endorphines). Et donc sur notre humeur et notre comportement. 

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3) Réduire le stress

 Le rythme de nos vies s’est fortement accéléré ces dernières décennies. Certaines journées sont parfois des courses contre la montre et il est aujourd'hui difficile d'éviter des moments de stress. Mais on peut diminuer leur impact. Les neurosciences démontrent l’influence réciproque entre le corps et l’esprit. On sait désormais que la pratique du yoga ou de certaines formes de méditation influe sur notre métabolisme. Les activités régulières de relaxation permettent la réduction de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque ainsi qu’une diminution des taux de cholestérol et de cortisol. Je rappelle que ces bénéfices peuvent également être obtenus par des contacts réguliers avec la nature. Je pense par exemple à la pratique japonaise du Shinrin Yoku (bain de forêt). N’hésitons donc pas à combiner ces activités. 

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4) Chercher le plaisir

Notre corps fabrique quatre hormones du plaisir : l’endorphine, la dopamine, la sérotonine et l’ocytocine. Elles sont sources d’émotions positives. A nous d’en produire davantage ! L’endorphine est bien connue des sportifs, mais on peut en libérer lors d’un fou rire. On sécrétera de la dopamine en dégustant notre plat préféré ou à la suite d’une récompense obtenue. La sérotonine régule notre humeur. Vous vous sentez un peu déprimé(e) ou irritable ? La pratique d’un exercice physique suivie d’une petite sieste au soleil vous donnera un regain d’optimisme et de sérénité. Quant à l’ocytocine, il s’agit de l’hormone « sociale ». Nous allons en produire dans notre vie amoureuse, durant les moments câlins, dans les moments d’amitié partagée, mais aussi dans la satisfaction d’actes généreux ou gratuits que nous avons posés. Plus nous produisons d’hormones du plaisir, plus nous nous sentons heureux. C’est la chimie du bonheur. Gastronomie ? Voyage culturel ? Jardinage ? Lecture ? Tout est bon si cela nous apporte du plaisir. 

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5) Entretenir des relations de qualité

Que ce soit dans le cadre familial, le réseau amical ou l’environnement professionnel, il faut veiller à entretenir les meilleures relations interpersonnelles possibles. Joël de Rosnay vante les principes de la communication non violente pour désamorcer les risques de conflit et établir des relations harmonieuses avec les personnes de son entourage. Par ailleurs, plusieurs études scientifiques ont montré que les comportements bienveillants et altruistes sont bons pour ceux qui en bénéficient, mais également pour ceux qui les adoptent. Dans la même veine, opter pour la coopération plutôt que la compétition et en retirer de la satisfaction modifie positivement notre neurochimie. Nous savons que la compétition ou le conflit augmentent la production de cortisol. A l’inverse, la bienveillance, la coopération ou l’empathie diminuent le stress et favorisent la production des « bonnes » hormones. 

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Les cinq clés de l’épigénétique nous ouvrent la voie vers une meilleure compréhension des modes de fonctionnement de notre propre patrimoine génétique. Ces clés, si on les utilise, peuvent avoir une influence importante sur nos gènes. Et d’autant plus que chacune entretient des connections avec les autres.

Faire du sport avec des amis ou partager un repas sain et savoureux sont des moments de plaisir et de convivialité durant lesquels on emprunte trois ou quatre voies indiquées par l’épigénétique. Presque sans s’en rendre compte.

Ces clés sont des pistes pour tendre vers un mieux-être psychologique et physique. Elles ne sont pas des solutions magiques qui empêcheront toute maladie de se déclencher. L'idée principale est de prendre conscience que nous avons un certain contrôle sur notre vie et que rien n'est jamais fixe ni définitif. Nous pouvons donner une direction aux notes de musiques qui nous composent. Prendre soin de soi et de ses gènes, c'est décider de jouer au mieux sa partition, peut-être pour entendre une symphonie. Sa symphonie.



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